Comment j’ai pris mon pied…

Je vous rassure (ou déçois ceux qui avaient vu dans le titre de l’article une connotation interdite aux mineurs), ne prenez pas le titre au pied de la lettre, le contenu qui suit est tout à fait chaste, mais j’espère que vous aussi vous allez prendre votre pied…

33cm de bonheur

Si aujourd’hui elle est synonyme de plaisir à pratiquer une activité, c’est aux corsaires que l’on doit l’expression « prendre son pied ». Au XVIIIe siècle ces « pirates autorisés » par les gouvernements se partageaient les richesses dérobées selon la mesure usitée à l’époque, le pied. Ainsi prendre son pied c’était récupérer sa part du butin. La notion de plaisir viendrait de l’utilisation que les hommes faisaient de leurs 33cm (on parle toujours de la taille du gain cela va de soi) auprès des femmes de petite vertu…

Mon pied à moi il ne mesure que 4cm mais dans le cas présent la taille est loin d’être proportionnelle à la satisfaction procurée par l’objet…

Une jolie découverte…

Tout à commencé lorsque Frédérique, modéliste, prof de couture et créatrice de la marque Histoire de coudre, m’a proposé de coudre l’un de ses patrons. C’est une marque que je ne connaissais pas et que j’ai ainsi pu découvrir sans pression. Le style de la marque est très classique, il repose sur une gamme de patrons intemporels aux coupes structurées et féminines.

Les patrons Histoire de coudre sont proposés du 34 au 48, en format PDF ou pochette. La planche et le livret sont rigoureux et très professionnels. Attention toutefois, les patrons sont sans marges de couture… Il vous faudra travailler un peu avant de prendre votre pied (de biche).

Toujours soucieuse de coudre des vêtements que je vais vraiment porter et de pouvoir partager mon avis en toute honnêteté j’ai jeté mon dévolu sur la blouse Coquelicot.

De la collection Histoire de coudre c’est le modèle qui correspond à ce que j’aime et ce que je peux mettre au quotidien :

  • Il s’agit d’une blouse légèrement ample dont le confort est assuré par un pli creux et à la forme liquette au dos,
  • Un empiècement sur le devant, à choisir ton sur ton ou contrastant,
  • Une encolure en « V » élégante,
  • Des manches resserrées par des plis plats au niveau du coude (que j’ai zappés ici parce que je voulais profiter au maximum de la fluidité de mon tissu).

Sur cette version :

  • J’ai utilisé un crêpe bleu clair magnifique, déniché au marché d’Antony par ma copine Stéphanie (alias « Joséphine sans Marcelle » sur Instagram),
  • J’ai coupé une taille 40 en respectant le tableau des tailles.

Je dois dire que je suis très emballée par les finitions proposées :

  • Le montage de la parmenture apparente demande un peu de minutie et un bon usage du fer à repasser (vous aurez d’ailleurs remarqué que j’ai un peu abusé de la vapeur et fait gondoler mon tissu) mais la courbe est dessinée de manière à nous faciliter la tâche pour obtenir un rendu bien propre,
  • L’empiècement haut entièrement doublé.

… Pour une nouvelle expérience

Puisque je le sens vous brûlez d’impatience de savoir, voilà comment grâce à Frédérique j’ai pris mon pied…

Sur le pied de guerre pour obtenir un bel arrondi liquette et un mini-ourlet bien net j’ai eu envie de tester le pied ourleur spécialement destiné à cet usage. J’ai commandé la bête sur Coutureo (j’y avais déjà commandé un pied Teflon, service rapide et impeccable, c’est toujours bon à savoir) et j’ai visionné en boucle le super tuto vidéo d’Elsa pour me mettre le pied à l’étrier.

Alors autant vous le dire tout de suite, prendre correctement son pied (ourleur) demande un peu d’exercice et de pratique… Même si je suis ravie de l’effet procuré le résultat que j’ai obtenu est perfectible, surtout en ce qui concerne les coutures d’assemblage qui ne passent pas dans le « tube » à roulotter. De fait il va falloir travailler d’arrache-pied pour tirer le meilleur parti de ce nouvel accessoire. Je pense d’ailleurs que la prochaine fois je ferai mes ourlets avant assemblage (un ordre de montage proposé sur la chemise Mélilot de Deer & Doe).

Côté style je suis conquise par la blouse Coquelicot et c’est aujourd’hui un des vêtements cousu main que je porte le plus. Avec un jean et une veste tailleur c’est une tenue que j’enfile au pied levé et dans laquelle je me sens parfaitement bien au quotidien. Parfois je perds un peu pied dans l’océan des nouveautés et j’ai trouvé en ce patron sorti il y a 2 ans une valeur sûre, bien coupée et gratifiante à réaliser.

Joli détail

NB : Frédérique sera présente sur le salon La Grande Mercerie du 15 au 19 novembre à Paris (toutes les infos « ici« ), et j’y serai aussi bon pied bon œil toute la journée du samedi 18 aux côtés des talentueuses créatrices de Chez Machine. Vous viendrez papoter couture avec nous ?

 

 

 

 

 

34 réflexions sur “Comment j’ai pris mon pied…

  1. Martine dit :

    Quelques minutes de bonheur ! Comme à chacun de tes articles à la fois drôle et sérieux, cette blouse est particulièrement belle et cette couleur te va très bien. Le parfait basique déclinable dans divers coloris et matières.

    Bonnes vacances dans l’attente de lire le prochain article.

    J'aime

  2. Julchen dit :

    J’adore cette petite blouse que j’ai déjà cousue 3 fois, de 3 façons différentes : le patron sans modif (enfin, si, les manches non resserrées), puis avec zip central (comme expliqué sur le blog de Frédérique), puis hackée (sur mon compte ig) en la mélangeant avec la Mélilot de Deer & Doe. Je ne m’en lasse pas ! Et comme toi, je viens de découvrir le pied ourleur, c’est que du bonheur ! Bonnes vacances Perrine ! Julie

    J'aime

  3. Bénédicte dit :

    Super article merciiiiii!!!! Petite question cela a attiré mon attention… tu dis que le fer a fait gondoler le tissu? Comment ça se fait? Je n’avais jamais entendu cela et j’ai souvent ce problème sur les viscoses!!! Je suis preneuse des tes explications, comment faire pour l’eviter?!

    J'aime

  4. Sophie dit :

    Un bon pied de nez face à l’océan des nouveautés, qui en ce moment me donne la nausée…je n’ai pas le pied marin 🙂
    Bref, un patron sobre et élégant qui semble bien taillé et t’aller !

    J'aime

  5. Zaza_of dit :

    J’adore cette blouse ! Je l’ai déjà cousue trois fois, et quand je vois la tienne, magnifique, j’ai envie d’en faire une autre. Chaque réalisation, chaque tissu lui donne vraiment un style propre, et quel seyant !
    J’ajoute que j’ai cousu ma première après 2 mois de couture, je me suis lancée, et grâce aux explications du livret, j’ai été super fière de réaliser un vêtement avec un tel niveau de finitions avec si peu d’expérience. C’est un bon moyen de progresser.
    Bravo en tout cas, la tienne est vraiment trop jolie.

    J'aime

  6. Mérové dit :

    Réalisée une fois en crepe rose poudré, j’ai adoré la faire et je comptais justement m’en refaire une en viscose bleu marine…après la blouse idylle…après la deuxième version de la veste magnesium…après. ..mais je ferai une petite modif sur la longueur du devant en rallongeant de quelques centimètres. Pour conclure tu es impressionnante sur la productivité de tes articles couture mais tu es la wonder woman de la MAC !!!😊

    J'aime

  7. Chatkikou dit :

    Un bel article, rempli d’humour et très bien tourné. Te lire est un véritable plaisir 😊. Et en plus on est plus savant qu’avant, j’aime les petites anecdotes historiques.
    Ta blouse coquelicot est très jolie. Tu as choisi une belle couleur toute douce à l’oeil, la forme est seyante, c’est une réussite. Elle me plait beaucoup. Bravo !

    J'aime

  8. Mathilde ... au fil des heures dit :

    Oh dis donc, qu’elle est belle cette blouse !!! Tout est parfait, la coupe et le tissu sont tellement bien assortis !!!! C’était vraiment la combinaison idéale !!! Je ne suis pas surprise que tu ne la quittes plus !!! Et puis aussi, merci beaucoup pour le petit passage historique et explicatif sur cette expression !!!! C’est hyper intéressant !!!! Bravo !!!!

    J'aime

  9. Falbala dit :

    Cette blouse très féminine est ravissante et les finitions superbes! J’aime beaucoup l’empiècement devant. Je trouve le crêpe un peu « casse-pied » à travailler notamment à cause de sa résistante légendaire au fer à repasser. Mais le tien a l’air plus fin que celui que j’ai eu l’occasion de coudre et il a un très beau tombé.. Merci pour toutes ces explications éthymologiques, c’est toujours fascinant de connaître l’origine de vieilles expressions..

    J'aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.